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dimanche 13 janvier 2013

Gammes planétaires de Johannes Kepler

Fausse piste de Max ou véritable inspiration pour la chasse :



La musique des sphères de l'Antiquité au Moyen Âge
Pythagore est probablement le premier à associer étroitement la musique et l'astronomie. Son intérêt pour la musique le pousse à définir la gamme qui porte son nom suivant deux principes : il n'existe que 7 intervalles entre les notes d'une gamme et la somme de ces intervalles est égale à 6 tons. Sa fascination pour les rapports numériques dans les harmonies musicales l'amène à tenter d'expliquer de la même manière les autres phénomènes de la nature, y compris le cosmos. Il utilise le mot "cosmos " pour désigner un univers ordonné et harmonieux. La dualité entre l'harmonie et l'astronomie fut ainsi établie par l'école Ionienne de Pythagore au VIe siècle avant notre ère.
La Terre est considérée comme un corps céleste isolé dans l'espace, au centre d'une sphère. Les planètes ne sont pas toutes à la même distance de la terre, posées sur des anneaux circulaires opaques. L'ordre des planètes fait appel à une hiérarchie fondée sur la mythologie, dans l'ordre : Terre - Lune - Vénus - Mercure - Soleil - Mars - Jupiter - Saturne - Fixes (étoiles). Une fois cet ordre établi, il faut donner des distances. La méthode va donc consister à deviner la loi des distances plutôt que de la calculer, suivant le principe de Pythagore.
Étant donné qu'il y a autant d'intervalles musicaux qu'il y a de planètes, il suffit de placer celles-ci suivant les rapports harmoniques. Les sept planètes sont comme les sept cordes d'une lyre. En fixant la valeur du ton comme étant égale à la distance Terre - Lune, les Pythagoriciens établissent ainsi la première échelle planétaire. D'après eux toutes les planètes, y compris le Soleil et la Lune, tournent autour de la Terre à vitesse constante suivant des orbites obéissant aux mêmes rapports numériques que la gamme. Chacune d'elle produit un son correspondant au si pour Saturne, do pour Jupiter, ré pour Mars, mi pour le Soleil, fa pour Mercure, sol pour Vénus et enfin la pour la Lune.
Cicéron (106-43 av. J.-C.) donne une description admise en son temps : L'univers est composé de neuf cercles ou plutôt de neuf globes qui se meuvent. La sphère extérieure est celle du Ciel, qui embrasse toutes les autres et sous laquelle sont fixées les étoiles. Plus bas roulent sept globes, entraînés par un mouvement contraire à celui du ciel. Sur le premier cercle roule … Saturne ; sur le second marche Jupiter, … ; vient ensuite Mars, … ; au dessous, occupant la moyenne région brille le Soleil, … . Après lui viennent … Vénus et Mercure. Enfin l'orbe inférieure est occupée par la Lune …
Boèce (470-525) a repris la construction de Pythagore attribuant cette fois la note ré à la Lune (au lieu du la initial), à Mercure le do, et ainsi de suite : Lune ré, Mercure do, Vénus si, Soleil la, Mars sol, Jupiter fa, Saturne mi. On retrouve une telle cosmologie dans les anciennes cultures orientales, en Inde et en Chine notamment.
Dans un fragment de musique grecque qui nous soit parvenu - l'hymne au soleil de Mesomède de Crète, 130 av. J.-C. - on se fait une idée de la musique antique : chaque note est émise seule, sans accompagnement (elle est dite homophone) et l'ambitus de la mélodie est faible. Les notes appartiennent à une suite bien définie de sons. On peut aussi par la musique expliquer l'ordre des jours de la semaine dont l'ordre apparemment arbitraire se réfère en fait à la gamme de Boèce.
En remplaçant chaque jour par sa note, la semaine se déroule suivant une série de quintes parallèles descendantes Lundi Lune ré, Mardi Mars sol, Mercredi Mercure do, Jeudi Jupiter fa, Vendredi Vénus si, Samedi Saturne mi, Dimanche Soleil la.
Jusqu'à la fin du Moyen Âge la musique est enseignée avec les mathématiques, considérant que celles-ci comprennent : - l'arithmétique, - la musique, - la géométrie, - l'astronomie. C'est le "quadrivium". La conception même d'un lien entre les planètes et la musique ne peut avoir de sens que par une approche de l'acoustique.
Dans le domaine de la science des sons, les Grecs n'ont produit que deux traités majeurs : La division du canon, d'Euclide (vers 325-vers 265 av. J.-C.), et Les harmoniques, de Ptolémée (vers 90-vers 168). Dans le second, les différentes théories musicales sont soigneusement analysées et comparées à l'harmonie des sphères, conformément aux théories pythagoriciennes. Ptolémée insiste particulièrement sur les relations entre certains mouvements des astres et différentes propriétés caractéristiques des sons, entre le tétracorde et le système solaire, entre les premiers nombres du système parfait et les premières sphères du monde, enfin entre les propriétés des planètes et celles des sons.
Censorin, astrologue romain, publie en 238 De die natali où il reprend les doctrines de Pythagore. On y trouve en particulier des distances astronomiques calculées en tons musicaux : De la Terre à la Lune un ton De la Lune à Mercure un demi ton De Mercure à Vénus un demi ton De Vénus au Soleil un ton et demi Du Soleil à Mars un ton De Mars à Jupiter un demi ton De Jupiter à Saturne un demi ton De Saturne aux fixes un demi ton De la Terre au Soleil il y a trois tons et demi, soit une quinte, tandis que du Soleil aux fixes (étoiles) il n'y a que deux tons et demi, soit une quarte. On retrouve cependant les six tons (une octave) pour aller de la Terre aux étoiles.
Au fur et à mesure que la conception de l'univers évolue en se perfectionnant, la musique aussi évolue. Depuis la lyre d'Hermès à 4 cordes on avait vu apparaître la lyre de Terpandre dont les 7 cordes correspondaient à la jeune théorie pythagoricienne. Terpandre innove en matière d'écriture musicale et rythmique. L'évolution continue lorsqu'une huitième corde est ajoutée, celle-ci attribuée au zodiaque car celui-ci lie le signe de naissance d'un individu au déroulement de son existence (c'est la date de conception chez les Babyloniens !). La Terre elle-même devant être prise en compte, une neuvième corde voit le jour.
Cependant, pour pouvoir produire un son, la Terre doit être mobile. Ainsi naît le premier modèle non anthropocentrique, dit modèle de Philolaos, où la Terre n'occupe plus le centre du monde mais tourne en un jour autour d'un feu central autour duquel tourne également une anti-Terre qui nous est cachée, de même que le feu central puisque nous habitons sur la face tournée vers l'extérieur.
Sautons quelques siècles pour arriver au Moyen Âge. Les neuf cordes de la lyre céleste augmentent jusqu'à 15 pour expliquer, au-delà des planètes, le Ciel, les Puissances, les Principautés, les Dominations, Trônes, Chérubins et autres Séraphins, pour aboutir à Dieu. À l'autre extrémité il y a la Terre qui, ayant retrouvé son immobilité au centre du monde, ne peut participer à l'harmonie générale et conserve le "silentium".
Le musicographe grec Alypius utilise au IVe siècle le clavier de la cithare à 18 cordes pour établir un système de sphères célestes d'une extrême complexité. Son contemporain Macrobius étend le système harmonique à 4 octaves et demi.
Tout au long du Moyen Âge l'étude de l'harmonie est une partie intégrante des mathématiques. Anthropocentrisme et harmonie sont les principes avec lesquels l'Église étend son autorité mais il convient aussi de célébrer les louanges du Créateur par le chant. L'accord entre la théorie et la pratique est réalisé d'abord par la dénomination des notes ut … ré … mi … fa … sol … la … si (le "si" est arrivé plus tard !) et ensuite par l'introduction de la mesure au XIIe siècle.
Le plain-chant est abandonné au Xe siècle au profit de l'organum consistant en l'exécution de la même mélodie par deux voix distantes d'une quarte ou d'une quinte. Ensuite vient le déchant, strict contrepoint note contre note, pour aboutir à la polyphonie à travers Machaut et Jannequin qui intégra même les bruits de la vie dans ses compositions.
L'hymne du XIIe siècle "Naturalis concordia vocum cum planetis" est l'œuvre musicale la plus ancienne connue inspirée de l'harmonie des sphères. Il utilise une gamme planétaire de 2 octaves, la première consacrée aux astres et la seconde à la zoologie des bienheureux. Elle diffère de celle de Boèce : Ciel fa, Saturne mi, Jupiter ré, Mars do, Soleil si, Vénus la, Mercure sol, Lune fa, Terre silentium !






Dès la Renaissance

À la Renaissance, cet équilibre idéal entre harmonie et physique devient intenable par la quantité de sphères et d'épicycles nécessaires pour expliquer les écarts et les nombreuses anomalies observées. La vieille théorie de Philolaos qui faisait de la Terre un astre mobile et sonore revient à la mode et est reprise en 1453 par Copernic (théorie de l'infini qui ne peut pas avoir de centre). La quête d'harmonie idéale correspond, sur le plan technologique, au développement de l'horloge, mère de toutes les machines. L'univers n'est qu'une vaste horloge mise en place par le Créateur … La musique est alors soumise aux impératifs rythmiques.
La révolution copernicienne entraîne la perte de notre anthropocentrisme : la Terre n'est plus qu'une planète comme les autres, tournant autour du Soleil.
Léonard de Vinci consacre un chapitre de ses travaux afin de savoir "si le frottement des cieux fait son ou non" et apporte des arguments pour réfuter la théorie.
Après la disparition de Copernic, Tycho Brahé (1546-1601) construit le premier grand observatoire et cumule les observations qui sont scrupuleusement consignées. Il ne parvient pas à renoncer à la vision géocentrique de l'univers.

 
 
Johannes Kepler hérite de ses documents et énoncera les lois relatives au mouvement des planètes. Kepler attribue au soleil une fonction motrice, anime les planètes sur une orbite elliptique. Insatisfait, il recherche l'harmonie des sphères dans l'harmonie musicale, mode mathématique qui a le plus de chances d'être le fil conducteur vers la compréhension des intervalles planétaires. Dieu est architecte et géomètre mais il est aussi surtout musicien, donc il ne peut en être autrement ! Ce Dieu musicien doit donc attribuer à chaque planète une phrase musicale qui lui soit propre puisque, selon la tradition, chaque planète est vivante et douée d'une âme.
Selon Kepler, la vitesse angulaire de chaque planète, dans son mouvement autour du Soleil, mesurée en secondes de degré par jour, fournit le nombre de vibrations de chaque son. Sur une orbite elliptique, la vitesse de chaque planète n'est pas constante et ce son décrit une phrase d'autant plus étendue que l'ellipse de l'orbite est allongée. La note fondamentale correspond à l'aphélie (distance maximale par rapport au Soleil). Kepler arrive ainsi à obtenir les mélodies de base de chacune des planètes, les notes de la Terre pouvant être simplement mi, fa, mi, fa, … Autrement dit : " miseria, famina, miseria, famina … " (indéfiniment). Ce n'est pas là la vision d'un joyeux drille ! Le chant de Mercure est un soprano (sopraniste ? Mercure ?). Celui de Vénus est un contralto et, en continuant ainsi à s'éloigner du Soleil, celui de Mars un ténor léger, et pour les géants Jupiter et Saturne, deux basses profondes. Le résultat de ses travaux harmoniques "Harmonices mundi" est publié en 1619. L'ambitus orbital de Mercure se compose d'une octave plus une tierce : do … do … mi. Vénus répète inlassablement la même note : mi, mi, mi … La Terre se limite à un demi ton : sol, la♭ , sol … Mars donne une quinte : fa, sol, la, si♭ , do … Jupiter se promène sur une tierce grave : si … ré, ainsi que Saturne : fa … la .
Quelques années plus tard, Galilée s'attache également à établir un lien entre ses préoccupations astronomiques et ses recherches en matières musicales sous l'influence de son père, Vicenze Galilei (1520-1591). Organiste et compositeur, Vicenze eut Zarlino pour maître ; ses compositions inspirèrent Frescobaldi et Vivaldi.
Marin Mersenne traduit les ouvrages de Galilée et reprend ses travaux sur la vibration des cordes dans son "Harmonie universelle" en 1636. Son intérêt pour l'astronomie le pousse à y inclure des dessins de télescopes afin de réactualiser la question de l'harmonie des sphères.
Par la suite, si le divorce est définitivement consommé entre l'astronomie et l'harmonie, les planètes et les étoiles ont inspiré de nombreux musiciens et des témoignages de l'état des recherches se trouvent souvent traduit en musique. Pour citer quelques exemples, l'oratorio "la Création" de [Joseph_Haydn|Joseph Haydn] est inspiré des travaux de William Herschel qui a émis l'hypothèse d'une explosion originelle de l'univers et des théories d'Emmanuel Kant. " Und es werde licht ! ".
La même démarche est formulée par Jean-Féry Rebel dans "Les Elémens", ne se résolvant pas, en 1737, à admettre la vision d'un monde organisé. (Mais n'y entend-t-on pas, en fait, le monde qui s'organise peu à peu ?)
Les trajectoires apparentes des planètes ont la particularité de traverser toujours les mêmes constellations. Celles-ci traditionnellement au nombre de douze forment le zodiaque En réalité, il conviendrait d'en ajouter une treizième, Ophiuchus (ou serpentaire) que Claude Ptolémée avait répertorié parmi les 48 qu'il recensa dans son Almageste.

(Source : Wikipédia)









                                                              Johannes Kepler en 1610








1re et 2e tétracorde

DoSi♭LaSolFaMi
LuneMercureVénusSoleilMarsJupiterSaturne

 

 

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4 commentaires:

  1. C'est en effet une belle piste..

    th

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  2. Mais une fause même si elle est effectivement belle avec notre jeu...

    Amitiés,

    Kaspius.

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  3. "L'inspiration pour la chasse " tient en ce que la LUMIERE du jeu est la MUSIQUE .
    La B nous décrit la lumière , constituée de 7 éléments issus d'une liste de 10 .
    La 580 nous décrit la musique , constituée de 7 éléments issus d'une liste de 10 .
    La lumière viendra de LA RE DO
    C.

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    Réponses
    1. Cet article sur les Gammes planétaires de Johannes Kepler, pour moi c'est sur une fausse piste, je précise...

      Amicalement,

      Kaspius, Webmestre du Blog du Chercheur.

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