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dimanche 16 octobre 2016

LE TESTAMENT DE FLORENCE B.





C'est la toute première chasse MSN de Max Valentin sur Internet, elle fut mise en ligne début décembre 1996 et trouvée le 16 février 1997.

Elle comprenait, comme celles qui devaient suivre, une fiction destinée à « planter le décor », un visuel animé (décrit dans la fiction comme « un petit appareil muni d’anneaux tournants ») représentant un ciel nocturne dont certaines étoiles—thème récurrent de cette chasse—invitaient au clic, et enfin une « machine logique » permettant aux chasseurs de saisir leurs réponses en ligne et d’obtenir d’autres informations pour poursuivre la quête.
 Le fonctionnement de ces gadgets est expliqué par Max Valentin dans les solutions.

1. La fiction

« J’avais 22 ans lorsque je fis la connaissance de Florence B. Si je n’étais investie d’aucune mission particulière à ses côtés, je m’aperçus très vite qu’elle m’avait dévolu celle de demoiselle de compagnie. Florence estimait en effet que son statut de vedette de cinéma exigeait qu’elle fût entourée et servie par un personnel aussi pléthorique qu’inutile. Lorsqu’elle m’engagea, sa carrière était déjà bien entamée, et elle allait de succès en succès. Nous étions alors dans les années cinquante.
J’eus la chance de devenir sa confidente. Florence était une immense artiste, mais moi, je la voyais comme une adorable cabotine, capricieuse et gâtée par des courtisans plus ou moins intéressés. Je la suivais partout: sur les tournages, dans les palaces où elle avait ses habitudes; j’assistais à ses interviews, ordonnais l’agencement de ses bibis, disposais ses gerbes, lui lisais ses télégrammes, jouais au cerbère devant sa loge, triais ses prétendants et fermais la porte de sa chambre lorsqu’elle y recevait l’un ou l’autre de ses admirateurs congestionnés par l’expectative. C’est vrai, Florence tombait amoureuse en une fraction de seconde, et elle ne s’assagit que la soixantaine passée!

Bien avant de me connaître, elle eut de multiples aventures avec ses partenaires, flirta avec d’obscurs et vieillissants princes russes, entretint des idylles avec des magnats de l’industrie et de la banque puis, l’âge venant, fréquenta toutes sortes de mondains et d’artistes célèbres, et n’en regretta aucun.
Florence eut la chance inouïe de posséder une tête qui ne passa jamais de mode, et elle glissa des planches à l’écran avec un égal bonheur. Elle était belle, mais d’une beauté effacée, douce, presque invisible. Les hommes savent bien que cette beauté-là est la plus redoutable de toutes, car elle ne vous saute pas aux yeux mais vous oblige à un effort. Et lorsqu’on tentait de comprendre le pouvoir de séduction de Florence, il était trop tard : on était pris dans ses rets! Avec sa charmante figure, son port de déesse, sa culture époustouflante et son esprit (et grâce aussi à son comportement héroïque pendant la guerre), elle traversa toutes les époques et resta à l’affiche pendant soixante-douze ans. Une sorte de record mondial !

Dans ses jeunes années, sur scène, son frais minois fit frémir des milliers d’hommes murs rêvant de tendrons. Puis, les ans passant, elle se spécialisa dans les rôles de femmes fatales et, grâce au cinéma, émoustilla des générations d’adolescents boutonneux. Plus tard, elle joua les bourgeoises trompées, les femmes de colonel, les épouses de notaire. Enfin, sa faconde et le pétillement naturel de ses yeux lui procurèrent ses inoubliables rôles de grands-mères, de veuves dignes et de « matriarches claniques » comme elle se plaisait à les appeler... Dans son dernier rôle, deux ans avant sa mort, Florence prêtait ses traits à l’égérie d’un grand peintre (laquelle, dans la réalité, avait vingt ans de moins qu’elle !). Cette prouesse fut saluée par les critiques unanimes, ce qui suscita chez elle cette remarque piquante teintée de cynisme qui prouvait qu’elle avait toujours la tête sur les épaules :

— En France, ma chère Sabine, on respecte les monuments historiques !

Pendant toute la durée de son éblouissante carrière, Florence sut être présente sans être envahissante et réussit à se faire désirer sans se faire oublier. Et durant toutes ces années, je restai à ses côtés. Nous nous entendions à merveille, et notre différence d’âge ne fut jamais un handicap. Florence était une femme extraordinairement cultivée et aimait passionnément la lecture. Elle possédait une superbe collection de livres parmi lesquels figuraient, entre autres, de précieuses éditions originales de Jean de La Fontaine. Il lui arrivait de les caresser comme on caresse un animal de compagnie : avec un amour infini. Son éclectisme était sans limite. Un journaliste, admiratif, avait un jour écrit que Florence pouvait aussi bien disserter sur les films de William Wyler que sur l’œuvre de Descartes et d’Oronce Fine, ou de se livrer à une exégèse savante du travail de Pierre Soulages ! Cette étourdissante culture, aux antipodes de ce qui était la norme dans le show-business, fascinait les médias et le public, et faisait d’elle un être à part.

Ce qui alimentait encore notre complicité, c’était une passion commune, obsédante, pour les jeux de l’esprit. Tous les matins, nous nous faisions livrer deux exemplaires du même journal. Puis, à onze heures précises, se déroulait un cérémonial immuable : crayon en main, nous nous attaquions aux mots croisés. La moins rapide devait s’amender par la réalisation d’un gage loufoque. Que de fous rires dans mes souvenirs ! Je la revois, quelques jours avant sa mort, s’étranglant de rire, hoquetante.

Malgré son grand âge, Florence gardait une incroyable vivacité d’esprit et un tonus de jouvencelle :

— Si mes admirateurs me voyaient, moi, une star, hirsute, en pantoufles et robe de chambre, imitant le grognement du cochon !...

— Et alors ? répondis-je, vous avez bien le droit d’oublier le strass et le stress lorsque vous n’êtes pas devant les caméras ! Ici, nul besoin d’être une star, Florence...

Elle retrouva immédiatement son sérieux. De cette voix restée profonde et grave, et qui avait troublé des millions de spectateurs, elle dit :

— Une star, ma chère Sabine, ce n’est pas une femme, mais le pur produit d’un lavage de cerveau administré par de la pellicule et un écran ! Il y a une différence énorme entre une star et une vedette.

Une vedette, vois-tu, on ne lui pardonne pas de vieillir, elle doit rester belle... Une star, peu importe qu’elle vieillisse : elle quitte sa dimension humaine et se transforme, de son vivant, en statue. Sarah Bernhardt était une authentique star, car à la fin de sa vie, amputée, elle s’offrait le luxe de monter sur scène en claudiquant, sans se soucier de son image, et enchaînait triomphe sur triomphe, y compris à l’étranger... Mais en contrepartie de cet état quasi divin, les stars—les vraies !—doivent vivre dans le mensonge et les faux-semblants. Une star, ça ne mange pas : ça picore ! Ca ne boit pas, ça trempe ses lèvres dans le champagne ou la vodka ! Ca ne transpire pas, ça a des moiteurs ! Ca ne se marie pas, ça partage la couche d’autres stars ! Et ça ne s’extériorise pas, car rien de ce qui peut émouvoir, troubler ou amuser le commun des mortels ne peut la toucher...

“ Une star, vois-tu, a l’obligation de ne jamais rien entreprendre qui pourrait lézarder le mythe. Ce n’est pas une affaire de physique. Regarde-moi, Sabine : j’ai presque quatre-vingt dix ans, je suis une très vieille dame. Je hais les miroirs qui me renvoient une image que je ne reconnais pas, j’ai du mal à marcher, à lire, et j’ai des rhumatismes. Or, une légende, ça n’a pas d’arthrose et ça ne porte pas de lunettes ! Mais quand je mets le pied devant la porte, je provoque encore des émeutes !... Que ça me plaise ou non, je suis une star, et je dois me plier à cette exigence jusqu’à mon dernier soupir.

N’oublie jamais cela, Sabine : j’étais, suis et resterai toujours une star ! ”

Une fois par semaine, Florence et moi inventions des énigmes compliquées et les proposions à notre mutuelle sagacité. C’est sans doute grâce à cet exercice qu’elle sut garder, jusqu’à la fin, un esprit vif et alerte. J’eus une peine immense lorsqu’elle disparut. Je me consolais un peu en pensant qu’elle mourut comme elle l’avait voulu: elle s’endormit et ne se réveilla pas. Au matin, son visage était serein et calme...

Le notaire me convoqua et m’informa que Florence m’avait faite l’héritière de son hôtel particulier. Puis il me remit une enveloppe. Je l’ouvris et lus :

« Ma chère Sabine, en souvenir de nos joutes intellectuelles, je te soumets une dernière énigme. Je suis persuadée que tu en viendras à bout. Mon notaire et vieil ami, Maître Martin, a bien voulu se charger d’enterrer une bourse contenant des pièces d’or quelque part en France, dans un sol public, et sur mes indications précises. Ce sera donc mon dernier défi: trouve cette bourse et tu pourras te vanter, avec ma bénédiction, d’être plus forte que moi ! Tu as tout le temps du monde pour y arriver, mais n’oublie pas de regarder ta montre... Si tu n’y parvenais pas, tu pourras faire ce qu’il te plaira du contenu de cette enveloppe. Je t’embrasse très fort et te remercie pour ton indéfectible dévouement et ton amitié. Ta Florence, pour l’éternité. Ne sois pas triste. »

Outre cette lettre, l’enveloppe contenait des dessins de paysages, trois notes sibyllines et un bijou qui était en fait un petit appareil muni d’anneaux tournants, dont j’ignorais le fonctionnement, mais que je devinais être une sorte de calculette rudimentaire.
La première note disait :

« Après les deux premières étapes, compte un million du point le plus au nord au point le plus à l’ouest. Joins les deux châteaux pour te rapprocher du troisième. »

Un autre billet disait :

« Après avoir traversé la cité historique, arrête-toi. Je vais t’aider à voir la lumière : 3, 22, 1, 52, 25, 9, 15, 2, 27, 27, 26, 49, 51 »

La troisième note disait :

« Pour trouver ce carrefour, pense à ce qui a été utile jusqu’ici, et tourne tes yeux vers le midi. Mais pour trouver l’eau, pense à ce qui a été inutile ! »
Je me doutais bien que ces notes étaient destinées à me mettre sur la voie... Pauvre Florence... Malgré mes efforts, je ne parvins pas à résoudre son casse-tête ! Je confiai donc le tout au fils d’un ami qui me proposait de les diffuser dans le public grâce à un système auquel je ne compris rien et qui s’appelle « Internet ». J’espère sincèrement que quelqu’un réussira à briser l’énigme de Florence B.Mais je sais aujourd’hui qu’elle était plus forte que moi...


2. Les indications supplémentaires

Une première I.S. fut diffusée le 31 décembre 1996 :

« CE N’EST PAS LE MOMENT DE LEVER LE PIED, ET ENCORE MOINS LA MAIN. »

Le 13 janvier 1997 furent diffusées les trois I.S. suivantes :

« TON CRAYON A BIEN VOYAGÉ ?... IL EST TEMPS QU’IL RENTRE AU BERCAIL. »

« POUR DÉMARRER, TU PEUX TROUVER CINQ RÉPONSES DIFFÉRENTES, MAIS TOUTES SONT EXACTES. »

« LA MACHINE EST PRÉCIEUSE, ELLE PEUT TE DONNER SIX CHOSES. »

3. Les textes des étoiles

Comme expliqué dans l’introduction, 11 étoiles du visuel tournant, plus brillantes que les autres, provoquaient, lorsqu’on cliquait sur elles, l’affichage d’un court texte permettant d’identifier une ville de France. Ces 11 villes une fois connues, le tracé des relèvements réciproques permettait de localiser approximativement le « lieu virtuel », au centre de la France, où était censé se trouver le chercheur lorsqu’il utilisait le visuel tournant. Toutefois, il s’agissait là d’une fausse piste, ce lieu étant sans intérêt pour la suite.




AzimutTexte
0Cherchez la tour du Menteur, levez les yeux sur son beffroi du XVème siècle, et visitez ses nombreux musées, parmi lesquels parmi lesquels l’un des plus beaux musées français d’art moderne.
20Par des ruelles pleines de charme, rendez-vous à la porte St Jean. Elle donne accès à une jolie promenade qui vous permettra de découvrir les toits de la ville basse.
70Sur la porte droite du portail ouest de la cathédrale de cette ville, admirez « Le séducteur et les Vierges Folles ». Ce Don Juan du XIIIème siècle tient une pomme dans sa main, et son dos est envahi par des serpents.
80Cette ville détient le record de France du nombre de musées techniques. Si l’histoire de l’industrie vous passionne, ne manquez pas ceux qui sont consacrés aux véhicules motorisés. Tous les goûts seront satisfaits !
125Prenez de l’altitude, passez la porte Pignerol, et découvrez sa vieille ville entourée de remparts. A voir : les bastions du XVIIème siècle, la Collégiale et, bien sûr, l’amusante « Grande Gargouille ».
140Jean Cocteau a décoré la salle des mariages de la mairie, et cette ville a consacré un musée au poète. Pour vous rendre à l’église Saint-Michel qui surplombe la ville, empruntez l’imposant escalier.
166« L’homme aux Rubans Noirs » revêtu d’un pourpoint gris-marron aux manches serrées aux poignets par des rubans, était-il Molière? Vous pouvez admirer cette superbe œuvre dans l’un des musées de cette ville où Paul Valéry flâna en compagnie d’André Gide et de Pierre Louÿs.
180Sa cathédrale contient un magnifique retable monumental datant d’environ 1625. Le décor de la chapelle fut financé par le chanoine Gaillard Roux en réparation des torts qu’il aurait causés à François d’Estaing, son évêque.
230Cette ville ouvre sur un abri célèbre. Les rues de la « ville d’hiver » présentent un tracé sinueux et déroutant, mais d’une étonnante efficacité contre le vent. Face à cette ville, l’Île aux Oiseaux.
260Dans cette ville, une ancienne coutellerie transformée en manufacture d’armes héberge aujourd’hui l’un des plus étonnants musées européens de l’automobile.
285Découvrez la Cohue sur le parvis de la cathédrale St Pierre, perdez-vous dans les vieilles ruelles médiévales… Cette ville conserve un chef-d’œuvre : un coffret de mariage du XIIème siècle représentant des scènes de la vie seigneuriale.

4. Les solutions

Le texte qui suit est la transcription exacte des solutions publiées par Max Valentin sur le site MSN après la découverte du trésor le 16 février 1997. Les images ont été ajoutées par mes soins.
La solution du « Testament de Florence B. » est décomposée en six étapes.

1ère étape :

La première impression que les joueurs ont pu avoir en découvrant « Le Testament de Florence B. », c’est d’être à l’intérieur d’une entité panoramique de 360 degrés dont le centre (l’endroit virtuel où le joueur se trouve lorsqu’il fait défiler le visuel) serait la localisation du trésor. Mais c’était là une solution bien trop évidente pour être retenue.
En cliquant sur les étoiles du visuel, le joueur obtenait des définitions concernant 11 villes de France qu’il devait identifier :

Sa cathédrale contient un magnifique retable monumental datant d’environ 1625. Le décor de la chapelle fut financé par le chanoine Gaillard Roux en réparation des torts qu’il aurait causés à François d’Estaing, son évêque. Rodez.

Par des ruelles pleines de charme, rendez vous à la porte St Jean. Elle donne accès à une jolie promenade qui vous permettra de découvrir les toits de la ville basse. Château-Thierry.

Prenez de l’altitude, passez la porte Pignerol, et découvrez sa vieille ville entourée de remparts. A voir: les bastions du XVIIème siècle, la Collégiale et, bien sûr, l’amusante « Grande Gargouille ». Briançon.

Dans cette ville, une ancienne coutellerie transformée en manufacture d’armes héberge aujourd’hui l’un des plus étonnants musées européens de l’automobile. Châtellerault.

Cette ville détient le record de France du nombre de musées techniques. Si l’histoire de l’industrie vous passionne, ne manquez pas ceux qui sont consacrés aux véhicules motorisés. Tous les goûts seront satisfaits ! Mulhouse.

Cherchez la Tour du Menteur, levez-les yeux sur son beffroi du XVème siècle, et visitez ses nombreux musées, parmi lesquels l’un des plus beaux musées français d’art moderne. Dunkerque.

Découvrez la Cohue sur le parvis de la cathédrale St Pierre, perdez-vous dans les vieilles ruelles médiévales... Cette ville conserve un chef-d’œuvre : un coffret de mariage du XIIème siècle représentant des scènes de la vie seigneuriale. Vannes.

Cette ville ouvre sur un abri célèbre. Les rues de la « ville d’hiver » présentent un tracé sinueux et déroutant, mais d’une étonnante efficacité contre le vent. Face à cette ville, l’Île aux Oiseaux. Arcachon.

« L’homme aux Rubans Noirs » revêtu d’un pourpoint gris-marron aux manches serrées aux poignets par des rubans, était-il Molière ? Vous pouvez admirer cette superbe œuvre dans l’un des musées de cette ville où Paul Valéry flâna en compagnie d’André Gide et de Pierre Louÿs. Montpellier.

Jean Cocteau a décoré la salle des mariages de la mairie, et cette ville a consacré un musée au poète. Pour vous rendre à l’église Saint-Michel qui surplombe la ville, empruntez l’imposant escalier. Menton.

Sur la porte droite du portail ouest de la cathédrale de cette ville, admirez « le Séducteur et les Vierges folles ». Ce Don Juan de la fin du XIIIème siècle tient une pomme dans sa main, et son dos est envahi par des serpents. Strasbourg.

La question se posait alors de savoir quoi faire de ces 11 villes... Très vite, les joueurs ont découvert que la machine à écrire acceptait 6 données, et non pas 11. Il fallait donc introduire dans cette machine 6 noms de villes. Mais lesquels ? Le joueur aurait pu être tenté de procéder par tâtonnements et essais, mais le nombre de combinaisons à tester vouait la tentative à l’échec.
C’est l’histoire de Florence B. qui lui fournissait l’indice déterminant. Le texte disait en effet : « Elle possédait une superbe collection de livres, parmi lesquels figuraient (...) de précieuses éditions originales de Jean de La Fontaine. (...) Un journaliste, admiratif, avait un jour écrit que Florence pouvait aussi bien disserter sur les films de William Wyler que sur l’œuvre de Descartes et d’Oronce Fine, ou de se livrer à une exégèse savante du travail de Pierre Soulages. »


Ces 5 personnages permettaient d’isoler 5 villes, qui sont leurs lieux de naissance : Château-Thierry pour Jean de La Fontaine, Mulhouse pour le cinéaste William Wyler (de son vrai nom Camill Wyler), Châtellerault pour Descartes, Briançon pour Oronce Fine et Rodez pour le peintre Soulages. À noter : il y a contestation à propos du lieu de naissance de Descartes, puisque la ville de La Haye-Descartes revendique sa naissance sur le territoire de la commune. C’est historiquement faux : le père de Descartes était originaire de Châtellerault et sa mère de la Haye. Cette dernière, arrivée à terme en mars 1590, et voulant se rendre de Châtellerault à la Haye, accoucha dans un fossé poitevin (donc du côté de Châtellerault), en bordure d’un pré appelé « le pré Falot » lequel, lui, se trouve effectivement en Touraine (donc du côté de la Haye). Mais toujours est-il que Descartes est bel et bien né dans le Poitou ! En revanche, il est exact qu’il fut baptisé à la Haye et qu’il y habita.
Dès lors, le joueur possédait 5 villes... mais la machine en voulait 6 ! Pour venir à bout de ce dilemme, il fallait se souvenir que Florence B insistait lourdement sur sa qualité de « star » (étoile), recommandant à Sabine de « ne jamais oublier qu’elle était une star ». C’était un indice important. De plus, le visuel invitait, lui aussi, à cliquer sur des étoiles.
À partir de cette constatation, le joueur devait se servir des 5 villes pour tracer une étoile à 5 branches sur une carte, ce qui lui imposait bien sûr de réutiliser l’une des villes deux fois (une fois comme point de départ de son tracé, et une fois comme point d’arrivée), et, par conséquent, d’entrer six données dans la machine.

Il pouvait bien sûr commencer par n’importe laquelle de ces 5 communes, mais à condition que l’ordonnancement choisi forme une étoile, la machine lui retournait des codes différents mais qui, une fois décryptés, lui permettaient d’obtenir dans tous les cas une seule et même phrase (voir plus loin).

Ces codes étaient :

41, 4, 47, 12, 1, 48, 28, 52, 43, 38 15, 51, 38, 17, 45, 19 pour Rodez, Château Thierry, Briançon, Châtellerault, Mulhouse, Rodez.

22, 45, 28, 19, 2, 33, 6, 45, 15, 41, 3, 32, 19, 2, 55, 48 pour Briançon, Châtellerault, Mulhouse, Rodez, Château Thierry, Briançon.

49, 8, 7, 46, 9, 40, 14, 56, 3, 46, 23, 11, 54, 9, 53, 27 pour Mulhouse, Rodez, Château-Thierry, Briançon, Châtellerault, Mulhouse.

36, 47, 42, 41, 12, 5, 49, 11, 38, 7, 58, 46, 55, 31, 21, 62 pour Château-Thierry, Briançon, Châtellerault, Mulhouse, Rodez, Château-Thierry.

14, 53, 20, 59, 9, 5, 46, 31, 6, 15, 36, 24, 59, 9, 23, 40 pour Châtellerault, Mulhouse, Rodez, Château-Thierry, Briançon, Châtellerault.

 
2ème étape :

 Ces nombres représentaient la place occupée par chaque caractère dans la liste des villes servant de code. Par exemple, pour le premier exemple Rodez, Château Thierry, etc., le premier nombre est « 41 » : en 41ème position de la liste de ces villes, on trouve la lettre « M ». La première lettre de la phrase à reconstituer était donc un « M », suivie de la 4ème lettre, c’est-à-dire le « E », etc...
Une fois entièrement reconstituée, cette phrase fournissait l’étalon de mesure à adopter pour la suite du jeu, soit: « MESURE CELUI DU ROY » (pied du roi = 0,325 m. Roi = allusion à Louis XIV = Versailles = Roi Soleil = Soleil = étoile = star : voir plus loin.)

Six autres villes étaient présentes sur l’écran, mais aucune allusion n’en était faite dans l’histoire: Dunkerque, Vannes, Arcachon, Montpellier, Menton et Strasbourg. Elles servaient de code final (voir plus loin).

3ème étape :

Cette 3ème étape se résolvait grâce à la note dont il est fait mention dans l’histoire : « APRÈS LES DEUX PREMIÈRES ÉTAPES, COMPTE UN MILLION DU POINT LE PLUS AU NORD AU POINT LE PLUS À L’OUEST. JOINS LES DEUX CHÂTEAUX POUR TE RAPPROCHER DU 3EME.»

« Les deux premières étapes » étaient bien sûr celles qui ont été décrites précédemment, et non pas des étapes d’un parcours géographique. « Compte un million du point le plus au nord au point le plus à l’ouest » : « un million » représente un million de fois un pied du roi de 32,5 cm, soit 325 km, distance entre Château Thierry (« château » le plus au nord) et Châtellerault (« château » le plus à l’ouest). « Pour te rapprocher du 3ème » : pour se rapprocher de Versailles.


4ème étape :

Cette 4ème étape se résolvait grâce à la deuxième note dont il était fait mention dans la fiction : « APRÈS AVOIR TRAVERSÉ LA CITÉ HISTORIQUE, ARRÊTE-TOI. JE VAIS T’AIDER À VOIR LA LUMIÈRE: 3, 22, 1, 52, 25, 9, 15, 2, 27, 27, 26, 49, 51 ».

La « cité historique » était Orléans, traversée en plein milieu par la droite Châtellerault-Château-Thierry. « Voir la lumière » était une allusion directe à Versailles (le Roi Soleil). Grâce au code déjà utilisé précédemment (voir « 2ème étape »), les chiffres 3, 22, 1, 52, 25, 9, 15, 2, 27, 27, 26, 49, 51, une fois décryptés, signifiaient « DIRECTION NORD ».

L’étoile à utiliser pour ce décryptage était celle dont le tracé commence par Rodez, car la plupart des gens tracent les étoiles à 5 branches en commençant par le bas. En l’occurrence, c’est d’ailleurs ce qu’a fait la quasi totalité des joueurs. Ceux qui ont commencé par une autre ville ont pu éprouver des difficultés à ce niveau, et, après avoir fait des essais, certains ont du ré-agencer leur ordre des villes.

À ce stade, le joueur savait qu’il devait quitter l’axe Châtellerault-Château-Thierry à la « sortie » d’Orléans, et se diriger vers le nord. A moins d’avoir compris que sa destination était Versailles, il ne savait pas jusqu’où aller, même si, à ce niveau du jeu, les allusions à Versailles étaient déjà assez nombreuses. Il lui fallait alors découvrir où le jeu aboutissait à partir de là.

C’est la 5ème énigme qui lui apportait la réponse.

5ème étape :

 Cette 5ème étape se résolvait grâce à la troisième note dont il était fait mention dans la fiction.

« POUR TROUVER CE CARREFOUR, PENSE À CE QUI A ÉTÉ UTILE JUSQU’ICI, ET TOURNE TES YEUX VERS LE MIDI. MAIS POUR TROUVER L’EAU, PENSE A CE QUI A ÉTÉ INUTILE. »

Le carrefour Étoile royale sur la carte IGN 2214ET

Vue aérienne du carrefour l'Étoile royale


Le joueur pouvait se servir à ce stade d’une carte IGN 2214ET, mais ce n’était pas indispensable. Idéalement, il devait repérer « le carrefour » soit « l’Étoile Royale » dans le parc du château de Versailles (« Étoile » = ce qui lui a servi pour arriver jusqu’ici), puis il devait comprendre que la suite se déroulait en direction du sud (le midi) par rapport au château de Versailles.

Toutefois, s’il ignorait l’existence de l’Étoile Royale dans le parc du château, il pouvait tout aussi bien continuer le jeu en prenant comme point de départ le château de Versailles, dans son ensemble.
« Trouver l’eau »: l’aqueduc de Buc, qui amenait l’eau à Versailles. Long de 580 mètres, il a été construit entre 1684 et 1686.

Il se compose de 2 étages dont la moitié inférieure est enterrée dans le remblai de la route Versailles/Toussus-le-Noble. L’étage visible se compose de 19 arcades de 9 mètres d’ouverture et 21 mètres de haut. « Ce qui a été inutile » (les 6 villes qui n’ont pas encore servi) seront nécessaires dans la dernière énigme.


6ème étape :

 Cette 6ème et dernière étape se résolvait grâce aux 6 villes non encore utilisées :

 Dunkerque, Vannes, Arcachon, Montpellier, Menton et Strasbourg.

Là, le chercheur devait tâtonner un peu s’il n’avait pas le bon ordre. Ce bon ordre était suggéré par la phrase « mais n’oublie pas de regarder ta montre »: il lui fallait en effet agencer ces villes dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. De toutes façons, il n’y avait là que deux possibilités, et après avoir éliminé la première (dans le sens des aiguilles d’une montre), le joueur découvrait que la deuxième lui donnait un résultat cohérent.

Ce résultat s’obtenait en tapant le nom des villes dans la machine, laquelle retournait alors les chiffres suivants:

20, 21, 36, 43, 18, 21, 5, 1, 22, 48, 10, 29, 23, 44, 32, 38, 31, 9, 44, 2, 10, 11, 16, 8, 46, 22, 48, 38, 27, 39, 48, 6, 40, 5, 19, 50, 16, 48, 20, 21, 29, 27, 22, 2, 49, 40, 33, 11, 1, 34, 47, 32, 38, 36, 18, 21, 36, 6, 20, 21, 5, 30, 36, 42, 43, 22, 48, 17, 5, 42, 25, 48, 43, 13, 29, 27, 39, 32, 9, 42, 43, 36, 50, 16, 17, 1, 33, 31, 14, 41, 14, 15, 17, 11, 18, 32, 23, 36 15, 41, 22, 40, 27, 1, 39, 43, 5, 33, 41.


Ces chiffres se décodaient grâce au code déjà utilisé précédemment (voir « 2ème étape »). Une fois décryptés, ils signifient :

« CHERCHE D’OU VENAIT L’EAU. VA AU BOUT, TOURNE A GAUCHE, TOURNE A DROITE, CHERCHE LE TROU. RETOURNE-TOI ET REGARDE-LE. SES RACINES SONT DORÉES. »

« Cherche d’où venait l’eau » faisait référence à l’aqueduc de Buc (voir ci-dessus). À l’extrémité de cet aqueduc, sur la gauche, un chemin longe la forêt. Le chercheur devait l’emprunter, puis tourner à droite et remonter le chemin en pente entre les parcelles 88 et 89 de la forêt domaniale de Versailles, jusqu’à l’emplacement d’un trou rectangulaire aux parois empierrées, au bord du chemin, sur le côté droit. Face à ce trou, de l’autre côté du chemin, se trouve un arbre. Le trésor était caché dans une cavité entre ses racines (du côté opposé au chemin).

Pour le lancement de la première chasse de Max Valentin sur internet, je trouve amusant de rapprocher le nom "Arcades de Buc" de la zone finale avec ce nouveau support des chasses MSN...

La zone finale sur la carte IGN 2214ET



Vue aérienne de la zone finale

Selon Monglane, Max Valentin a fait ici une flagrante entorse (la seule connue à ce jour...) au principe de cohérence interne des chasses au trésor. En effet, les personnages cités ci-dessus ont une importance capitale pour la suite :

Sans eux, impossible de décrypter l’énigme. Or, c’est Sabine, la narratrice, qui les cite presque au hasard... Sabine, qui est censée ignorer leur importance puisqu’elle n’a pas pu résoudre l’énigme elle-même ! Pourquoi cite-t-elle justement, précisément, les éditions originales de La Fontaine ? Florence B. n’avait-elle pas d’autres livres précieux ? Et pourquoi se rappelle-t-elle, précisément, de cet article publié « un jour » par un journaliste... parmi les centaines d’articles écrits sur Florence B. ? On comprend bien que Max devait placer ces indices indispensables pour la suite, mais les faire naître ainsi, côte à côte, sous la plume d’une ex-dame de compagnie qui ignorait tout de la solution, est par trop invraisemblable.


Certaines informations sont issues des archives MSN de Monglane : http://monglane.a2co.org/archives_chasses_msn_flo_b.htm 




La dernière chasse MSN intitulée "Le Défi" est en projet ici => KICKSTARTER

Une chance sans doute pour les chercheurs de la chouette d'or d'en savoir un peu plus sur les méthodes de cryptage de Max Valentin à moins de 2 jours de la fin du projet qui n'a pas encore abouti.


Toutes les chasses MSN :

| La Bourse de Saintoyand| Une histoire d’Histoire | Un Trésor venu du futur| Le Défi |




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8 commentaires:

  1. Bastien R.21/10/16 11:16

    Pourquoi avez vous repris toutes les solutions d'énigmes qui sont déjà chez Monglane ?
    Manque d'inspiration pour vos publications ?

    Bastien R.

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    1. Bonjour Bastien R., j'ai repris 3 des 4 chasses chez Monglane ( j'ai eu les solutions et les commentaires pour "La Bourse de Saintoyand" ).

      Pour les 3 autres, j'ai trouvé utile de rajouter les photos des cartes des zones des chasses trouvées et de corriger certaines erreurs ( nom du titre de la chasse, erreur de distance du repère final etc...)

      Amicalement,

      Kaspius, Webmestre du Blog du Chercheur.

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  2. Merci pour votre travail de recherche sur les chasses de max, c'est bien d'avoir rajouté les cartes et les vues aériennes des zones finales pour avoir une idée de la difficulté ou non sur place.
    Seul bémol pour le testament de florence-b, on ne voit pas le pile-poil sur la carte ou sur la vue aérienne...

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    1. Bonjour Croco58 et merci pour votre commentaire.

      Pour "Le testament de Florence" B et le pile-poil sur la carte comme pour la vue aérienne c'est un fait, n'ayant jamais été sur place et avec les informations que j'avais, je n'ai pas jugé utile de mettre un emplacement au pifomètre 😉

      Amicalement,

      Kaspius, Webmestre du Blog du Chercheur.

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  3. On avance plus trop sur la chouette avec toutes ses chasses...La fin de l'année est très proche !

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    1. Bonjour Anonyme, un pseudo peut-être ?

      J'aime bien savoir à qui je réponds.

      Amicalement,

      Kaspius, Webmestre du Blog du Chercheur.

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  4. Bonjour,
    Amis cisteurs, si vous n'avez pas trouvé la ciste n°5 de Monglane:
    La même cache a été utilisée pour "le chemin de l'eau".
    Si vous y allez, envoyer une photo du site à Kaspius et si elle lui plait il la mettra sur son blog je pense.
    Amicalement
    Le Cisteur

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    Réponses
    1. Bonjour Le Cisteur, pourquoi pas !

      Pour les volontaires : pour me transmettre une photo, le mieux sera par mail.

      Pour cela : laissez ici même votre adresse mail et je vous contacterai ( les messages sont modérés avant publication, il ne sera vu que par moi...)

      Amicalement,

      Kaspius, Webmestre du Blog du Chercheur.

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